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La médaille Paul d’Or Paul Chibret 2018 décernée au Docteur Jean-Marc Pérone

11.06.2018

Le Docteur Jean-Marc Pérone, Chef du service de l'Hôpital de Mercy

Le 5 mai dernier, à l’occasion du 124ème congrès international de la Société Française d’Ophtalmologie à Paris, la médaille d’Or Paul Chibret a été décernée au Docteur Jean-Marc Perone, chef du service d’Ophtalmologie de l’Hôpital Mercy de Metz. (CHR Metz-Thionville).


Cette distinction récompense une fois par an, alternativement en France ou en Allemagne, la personnalité du monde de l’Ophtalmologie qui s’est particulièrement distinguée dans le domaine de l’Ophtalmologie Internationale et dans celui de la coopération franco-allemande. C’est le cas du Docteur Perone qui depuis de nombreuses années n’a eu de cesse que de faire évoluer le service d’Ophtalmologie de l’Hôpital de Mercy qu’il dirige pour le porter à un niveau d’excellence, reconnu à l’international, en proposant notamment des techniques de greffes de cornées de haute précision, peu pratiquées en France.
Depuis 2 années, les services d’ophtalmologie de l’Hôpital de Mercy de Metz et celui de l’Hôpital universitaire de la Hombourg-Sarre en Allemagne se sont rapprochés et organisent des travaux en commun et des échanges d’internes.

Les greffes de cornées lamellaires postérieures (DMEK*) et le traitement des kératocônes par Cross-Linking (CXL) qu’il pratique, font du service d’Ophtalmologie de l’hôpital de Mercy un des services les plus réputés dans ce domaine au plan national et international.

Dès qu’il en a l’occasion enfin, le Docteur Perone parcourt la planète pour faire des greffes de cornées ou parler des dernières avancées dans ce domaine. Il a fait des conférences ces derniers mois notamment : au congrès annuel de la société allemande d’ophtalmologie (DOG) à Berlin, à l’Hôpital de Yeux de Ho Chi Minh Ville (Saïgon) au Viêt-Nam, à Dakar, au Caire, à Marrakech ou encore au dernier congrès mondial d’ophtalmologie de l’ARVO à Hawaï aux USA.
 

La Médaille d’Or Paul Chibret
Quatre-vingt ans avant le discours du Chancelier Adenauer et du Général De Gaulle, la Société Française d’Ophtalmologie (SFO), invitait les scientifiques des deux rives du Rhin, à sceller la réconciliation franco-allemande.

L’inspirateur de ce rapprochement fut Paul Chibret, fondateur et premier président de la SFO (1883), ancien élève de l’Ecole impériale de médecine de Strasbourg ; une ville qui fut le « théâtre » de toutes les rivalités, entre les deux nations. Il tint à ce que la SFO soit accessible à tous et, en particulier, aux ophtalmologistes allemands, victimes d’ostracisme depuis les affrontements de 1870, et l’annexion de l’Alsace-Lorraine. Il prit soin de choisir le mois de mai pour la tenue annuelle du congrès français en sorte que les ophtalmologistes allemands puissent venir à Paris ; et qu’en retour, l’été venu, les praticiens français, aient toute liberté de participer au rendez-vous de la Société d’Heidelberg.

Côté allemand, le jeune Theodor Axenfeld, fut le meilleur ambassadeur de ces relations nouvelles, en acceptant d’être le rapporteur d’un des premiers congrès de la SFO. Diplômé de l'Université de Marbourg, puis directeur de la clinique ophtalmologique universitaire de Rostock, avant d’obtenir la chaire d'ophtalmologie de Fribourg, cette sommité de l’ophtalmologie allemande, allait être choisie par ses pairs, en 1925, pour présider la prestigieuse Deutsche Ophthalmologische Gesellschaft (DOG), la plus ancienne société professionnelle médico-scientifique dans le monde.
Depuis 1974, la Médaille d'Or Paul Chibret, alternativement décernée par la DOG, et la SFO, récompense les personnalités qui se sont distinguées dans le domaine de l'ophtalmologie internationale. Ce prix honore préférentiellement le fruit de coopérations entre scientifiques Allemands et Français.

Les greffes de cornées
*DMEK (Descemet Membrane Endothelial Keratoplasty). Greffes de cornées endothéliales pures de 15µm d’épaisseur (plus fine qu’un cheveux). Cette méthode de greffe est très délicate car le greffon prélevé est extrêmement fin (un cinquantième de millimètre) et donc particulièrement fragile à disséquer et à manipuler.
Certaines maladies de la cornée touchent spécifiquement les cellules endothéliales (Cornea Guttata, maladie de Fuchs). Ces cellules sont primordiales pour le fonctionnement de l'œil et la transparence de la cornée. Lorsqu'elles sont touchées, la fonction visuelle est alors altérée, car le patient voit au travers d'un hublot ayant perdu sa transparence. Afin de restaurer la transparence de la cornée, il est nécessaire de rendre au patient des cellules endothéliales saines issues de la cornée d'un donneur décédé. C'est le principe de la greffe de cornée lamellaire postérieure ou greffe endothéliale. La procédure standard a longtemps été la greffe transfixiante. On remplaçait la totalité de l'épaisseur de la cornée (550 µm et toutes ses 5 couches), même si la maladie ne touchait que sa couche interne la plus profonde. Cette technique permettait de retrouver une cornée transparente mais présentait plusieurs désavantages notables parmi lesquels : la nécessité de suturer le greffon (risque d'infections et d'inflammations liées aux sutures), une récupération visuelle très lente (bien souvent supérieure à 1 an) et partielle, un risque d’expulsion du greffon après traumatisme et un astigmatisme important et difficilement prévisible.

La technique de greffe endothéliale pure (DMEK) se limite à remplacer uniquement la couche unicellulaire malade (l'endothélium+ membrane de Descemet) en permettant de conserver les autres couches saines. L’opération peut se faire sous anesthésie locale avec une incision qui ne requiert aucune suture. Les suites opératoires sont beaucoup plus simples, les douleurs, les gênes fonctionnelles, la photophobie, sont nettement réduites pour le patient car l’essentiel de la cornée a été sauvegardée.

Depuis 2011, des greffes de cornées lamellaires postérieures automatisées ou DSAEK (descemet stripping automated endothelial keratoplasty) sont réalisées avec succès dans le service d’ophtalmologie du CHR Metz-Thionville (greffons endothéliaux d'une épaisseur de 100µm en moyenne). Depuis 2014, les greffes endothéliales pures de type DMEK sont venues compléter les techniques proposées par le service d’ophtalmologie de Mercy (jusqu’à ce jour environ 100 DMEK ont pu être réalisées et pratiquement 170 DSAEK).