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500ème capsule vidéo-endoscopique au CHR Metz-Thionville
Depuis une trentaine d’années, l’endoscopie s’est imposée comme méthode d’exploration et de traitement des maladies du tube digestif. Méthode invasive, elle nécessite l’introduction par un orifice naturel d’un endoscope, long tube souple muni d’une caméra.Cependant, tout le tube digestif n’est pas totalement accessible et pour explorer une grande partie de l’intestin grêle, un autre procédé d’imagerie à été mis au point : la capsule de vidéo-endoscopie. La capsule est une prouesse technologique de miniaturisation : en effet, une mini-caméra, un système de transmission d’images, un lumière puissante et une batterie sont intégrés dans une gélule de 27x11mm.Absorbée par la bouche, cette capsule progresse dans l’intestin sous l’effet des contractions naturelles. Pendant tout son parcours, la capsule caméra transmet des photographies (2 par secondes) à un enregistreur externe que le patient porte à la ceinture.
Avantages de cette technique.
Les avantages sont nombreux :
- la vidéo-capsule est le meilleur moyen d’explorer la totalité de la muqueuse de l’intestin grêle.
- l’examen est indolore, ne nécessite ni anesthésie, ni hospitalisation , ni rayon
- comme la capsule est à usage unique, il n’y a pas de risque d’infection nosocomiale ;
- les images enregistrées sont faciles à stocker : elles peuvent donner lieu à une interprétation complémentaire ou à une comparaison entre différents examens chez le même patient.
L’exploration de l’intestin grêle est une technique innovante, performante et efficiente ; peu invasive, elle est facilement acceptée par les patients.
Déroulement de l’examen :
Le matin, le patient à jeun avale la capsule comme un gros comprimé.
Un récepteur lui est fixé autour de la ceinture (poids total inférieur à 1kg)
Il peut ensuite quitter l’hôpital, reprendre une activité normale.
8h plus tard, il revient au centre pour retirer le « holter ».
La capsule est éliminée dans les selles.
Les données informatiques enregistrées subissent un traitement par ordinateur sur un programme spécifique qui analyse une par une les photographies de l’intestin.
L’interprétation se fait en visualisant sur l’écran toutes les images, comme un reportage en différé du voyage à l’intérieur de l’intestin grêle.
Naissance du réseau CAPLOR en avril 2007.
1. Création.
Le coût de l’installation, les difficultés de réalisation et d’interprétation des examens ont limité la diffusion de cette technique à de rares centres (dont l’hôpital Bon-Secours à Metz depuis 2001).
Pour bénéficier de cet examen, les patients de la région Nord Lorraine devaient donc se rendre à Metz avec nécessité d’un arrêt de travail mais également des difficultés d’ordre médical et psychologique.
Pour améliorer l’accès à la vidéo-capsule pour les patients de la zone sanitaire, sous l’impulsion du CHR de Metz-Thionville et grâce à une subvention du Conseil Régional de Lorraine (projet de télésanté en Lorraine), un réseau hospitalier de santé a été créé, réunissant un centre référent coordonateur (service d’hépato-gastro-entérologie de l’hôpital Bon-Secours à Metz, sous la responsabilité du Docteur Alain Courrier) et des centres associés, (à ce jour, les hôpitaux Saint André et Legouest de Metz, les établissements hospitaliers de Freyming Merlebach, Sarreguemines, Forbach).
2. Coût.
Pour les centres associés : 10 000 € pour l’acquisition de la station d’enregistrement.
Formation des équipes soignantes assurée par le fabricant (Given imaging).
Le Conseil Régional de Lorraine a financé à 50% la création du réseau, à hauteur de 75 000 €
3. Fonctionnement du réseau
- Acquisition par le centre « associé » d’un équipement d’enregistrement de données à un coût modéré (environ 20 % du prix d’une station complète)
- Réalisation de l’examen et enregistrement des images par l’équipe soignante dans le service hospitalier prescripteur, proche du domicile du patient.
- Transmission des données dans le service d’hépato-gastro-entérologie de l’hôpital Bon-Secours de Metz où elles sont transformées en un support vidéo.
- Interprétation des résultats conjointement par le praticien du centre référent et du service prescripteur.
4. Un plus pour le patient.
- Importante amélioration de l’accès aux soins pour les patients vivant dans des régions à faible densité démographique ou isolés géographiquement : le patient n’a plus besoin de se déplacer sur le centre de Metz.
- Dans certains cas, ils n’arrêtent pas le travail.
- L’examen est réalisé par le médecin spécialiste traitant du patient ce qui permet une prise en charge plus efficace et plus homogène.
- Le délai d’attente dans les centres associés est court, ce qui optimise la performance diagnostique de l’exploration par vidéo-capsule. En effet, l’examen précoce améliore les résultats.
La collaboration dans le cadre du réseau permet de contourner cette difficulté : les résultats au bout de 2 ans montrent que la performance diagnostique de l’examen dans le réseau est équivalente à celle des grands centres mondiaux.
5. Un plus pour les médecins.
- Le réseau permet une prise en charge par le médecin traitant. Le travail en commun facilite, au début, la formation à cette technique innovante.
- Les contacts étroits et réguliers entre les gastro-entérologues de la région, tous types de structures hospitalières, a renforcé la collaboration s’étendant maintenant à l’ensemble de la prise en charge des patients souffrant de maladie de l’appareil digestif.
6. Un plus pour les hôpitaux.
- Les investissements nouveaux sont très onéreux et ne pourront pas être acquis par tous les établissements. Un réseau de soin représente une solution bien adaptée sur le plan économique et médical.
- Le réseau améliore l’offre de soins et valorise l’établissement hospitalier « associé ».
- L’acquisition du matériel se fait pour une somme modérée, représentant avec la subvention du Conseil Régional, moins de 10 % de l’investissement total. (économie de santé)
La création du réseau de santé CAPLOR a permis la diffusion, à moindre coût, d’une technique d’exploration de l’intestin grêle innovante, non invasive et bien acceptée : la vidéo-capsule.
Grâce à la collaboration entre les différents établissements du réseau, une exploration est facilement et rapidement accessible à tous les patients de la zone sanitaire Nord Lorraine. Cette collaboration s’étend maintenant à toute la prise en charge des maladies de l’appareil digestif.
Ce modèle de réseau innovant (actuellement 2 sites dans le monde) peut être utile dans toutes les régions, en particulier dans les régions isolées géographiquement, dans les zones où les conditions météorologiques rendent les déplacements difficiles à faible densité démographique et dans les îles.
L’exploration de l’intestin grêle n’est cependant qu’une première étape et l’apparition d’une nouvelle capsule d’exploration du côlon laisse espérer le développement d’une méthode d’exploration du côlon (ou gros intestin) particulièrement importante dans la détection de la maladie cancéreuse colique (un des cancers les plus fréquents en France).
L’exploration par vidéo-capsule, en concurrence avec les images virtuelles par scanner ou IRM,pourrait à terme compléter voire remplacer la coloscopie, exploration endoscopique invasive, pour le diagnostic des maladies du gros intestin.
Par contre, la coloscopie garderait toute sa place pour le traitement non chirurgical des lésions détectées par les autres méthodes d’imagerie.
Contacts : Service d'endoscopie digestive, Hôpital Bon-Secours
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